Un cher enfant, à l’état spirituel duquel je m’intéressais vivement, fut péniblement troublé pendant longtemps par cette pensée : « Comment puis-je savoir que Christ est mort pour moi ? » II connaissait une grande partie des vérités que nous révèlent les Écritures, et en avait une intelligence claire et exacte. Le plan du salut lui était très familier, et, en général, il s’occupait avec beaucoup d’intérêt de tous les sujets religieux. Mais il ne jouissait pas d’une connaissance personnelle de Christ, et ne voyait pas ce qui, dans le Sauveur, le concernait directement. Sa grande et constante difficulté était : « Comment puis-je savoir que Christ est mort pour moi ?  »

II plut au Seigneur de se servir d’un incident très simple pour répondre à la question qui tourmentait ce cher enfant.

Comme je m’entretenais avec lui touchant le salut de son âme, il me dit qu’il avait la certitude que Christ était mort pour les pécheurs, mais qu’il ne savait pas comment s’approprier cette vérité. Il y avait contre la muraille un indicateur des chemins de fer, au bas duquel se lisait cette remarque : « Les enfants au-dessous de six ans ne payent point de place. » J’appelai son attention sur ces mots et lui dis :

— Si tu étais un enfant au-dessous de six ans, n’aurais-tu pas le droit de prendre ta place dans un compartiment quelconque sans rien payer ?

— Certainement.

— Tu n’éprouverais donc aucune difficulté à t’approprier ce qui est dit ici ?

— Assurément, non.

— Au contraire, tu en aurais à ne pas te l’appliquer ; car ce règlement concerne tout enfant au-dessous de six ans, comme s’il était le seul au monde qui fût dans ce cas. Il est vrai que son nom n’y est pas écrit, mais si même son nom s’y trouvait, cela ne l’aiderait pas à s’en faire l’application ? Ne pourrait-il pas y avoir un autre enfant portant le même nom que lui ?

— Oui.

— Il resterait donc toujours un doute impossible à dissiper. Mais quand on lit, dans le règlement, une simple condition, du moment qu’elle est remplie, peut-il encore y avoir quelque difficulté ?

— Certainement, non.

— Maintenant, lisons dans la première épître à Timothée, au verset 15 du chapitre 1 : « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. » Es-tu un pécheur ?

— Oh ! oui, certes, je le suis.

— Eh bien, si dans ton cœur et ta conscience tu reconnais être un pécheur perdu, ne vois-tu pas que Christ est venu pour te sauver, toi, absolument comme si tu étais l’unique pécheur dans le monde ?

L’Esprit de Dieu appliqua ces paroles à son cœur. La vérité de l’Évangile, dans sa merveilleuse simplicité, resplendit dans l’âme de l’enfant comme un brillant rayon de soleil. Il s’agenouilla près de moi et rendit grâces à Dieu de ce qu’il savait maintenant ce qu’il avait si longtemps désiré connaître, — que Christ était mort pour lui.

Le Salut de Dieu, 1875, p. 94

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