Telles étaient les paroles qu’adressait à un chirurgien une pauvre jeune fille victime d’un terrible accident, et que l’on venait de transporter dans une salle d’hôpital. Après que l’homme de l’art eut examiné la nature et l’étendue du mal, elle lui demanda de nouveau, d’une voix faible, avec calme :

— Puis-je vivre, Monsieur ? me rétablirai-je ?

— Je ne puis vous cacher la vérité, lui dit-il, …. le mal est trop grave, c’est impossible.

Heureusement elle y était préparée, et quelque solennelles que fussent ces paroles, elle les écouta sans se troubler. Quoique la vie fût presque éteinte, elle eut encore la force de soulever ses mains vers le ciel en disant :

— Béni soit Dieu de ce que cela n’est pas arrivé hier !

Bientôt après elle passa de ce monde en la présence de Jésus au paradis de Dieu.

Quelques mots expliqueront ses dernières paroles.

Invitée la veille à se rendre dans une réunion destinée à annoncer aux pécheurs l’Évangile de la grâce de Dieu, elle n’avait consenti que sur la sollicitation pressante de la personne qui l’y engageait. La parole de Dieu atteignit sa conscience ; ses péchés, ses grands et nombreux péchés, se dressèrent devant elle. Des larmes amères de repentance coulèrent de ses yeux. Elle venait d’entendre parler de l’amour de Jésus, descendu du ciel pour sauver les pécheurs, ainsi que de l’œuvre de grâce qu’il accomplit en versant son sang sur la croix pour expier le péché ; elle crut et trouva la paix. Le lendemain survint l’accident dont nous avons vu l’issue.

Et vous, mon cher lecteur, êtes-vous prêt ? Si la mort se présentait en ce moment devant vous, serait-elle pour vous le roi des épouvantements ? vous introduirait-elle devant un Dieu avec lequel vous ne pouvez pas dire que vous êtes réconcilié, ou bien pourriez-vous l’accueillir avec la certitude joyeuse que vous allez auprès du Seigneur qui vous aime ? L’avenir au delà de la mort, est-ce pour vous l’inconnu sombre et redoutable, ou bien est-ce la radieuse lumière de la face de Celui qui vous a sauvé ?

Si vous ne pouvez pas dire avec assurance : Je sais en qui j’ai cru ; oh ! ne tardez pas un moment, ne vous reposez pas que vous ne puissiez vous joindre de cœur à ces paroles : « Ayant donc été justifié sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu. »

J’ai le temps d’y penser, direz-vous. Non, car qu’est-ce que votre vie ? Elle n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant. Vous ne savez pas ce qui arrivera le jour de demain. À celui qui comptait sur la vie, Dieu dit : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ! » La jeune fille savait-elle que sa vie allait être tranchée si rapidement ? Et vous, savez-vous si ces lignes qui passent sous vos yeux ne sont pas le dernier appel de Dieu à votre conscience ? Une maladie sérieuse peut vous atteindre ou un terrible accident vous frapper ; vous n’avez d’assuré que le moment présent, et c’est en ce moment que, de la part de Christ, je vous supplie : « Soyez réconcilié avec Dieu. »

C’est la mort et le jugement qui sont à la porte, si vous ne croyez pas, mais la vie éternelle, si vous croyez. Oh ! puissiez-vous écouter, et si tout à l’heure vous étiez frappé, vous pourriez entendre sans effroi, avec calme, même avec joie, l’arrêt de Dieu marquant la fin de votre vie terrestre ; car vous pourriez dire avec l’apôtre Paul : Si notre maison terrestre, qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons (nous qui croyons) une maison éternelle, dans les cieux.

Le Salut de Dieu, 1876, p. 224

Précédent Suivant