Je prêchais l’Évangile dans un endroit où je ne pouvais passer qu’une journée. Dans l’après-midi, je reçus la visite d’une jeune chrétienne qui m’apprit que sa mère avait promis de venir à la réunion du soir. C’était une personne âgée, nullement opposée aux choses de Dieu, mais qui n’avait jamais manifesté qu’elle eût connu la puissance de l’Évangile pour donner la paix à l’âme.

À la fin de la réunion du soir, comme je me tenais près de la porte, je vis Madame H…, que je reconnus d’après la conversation de l’après-midi, passer lentement devant moi. Je lui offris un petit traité en lui exprimant mon désir qu’elle n’éprouvât aucune incommodité de la pluie qui tombait alors à torrents. Elle me remercia et ajouta qu’elle avait beaucoup joui de la réunion.

J’avais parlé sur ces paroles : « Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux nations, et eux l’écouteront » (Actes 28:28). Et je dis à la vieille dame : J’ai la confiance que vous connaissez maintenant le salut de Dieu et que vous avez la vie éternelle.

Je l’espère, répliqua-t-elle sans montrer le désir de s’éloigner.

— Mais pourquoi espérez-vous seulement, ma chère dame, quand Dieu veut que vous sachiez que si vous croyez en son Fils, vous avez la vie éternelle ?

— Je crois au Fils de Dieu, Monsieur ; mais, tout ce que je puis dire, c’est que « j’espère ; » et je ne pense pas que personne puisse « savoir » aussi longtemps qu’il est dans ce monde. Si vous le permettez, répondis-je, je vous montrerai un petit verset de la Parole de Dieu qui mettra la chose hors de doute.

— N’en prenez pas la peine, dit-elle. Je connais bien la Parole de Dieu. Je l’ai étudiée dès mon enfance, et je ne pense pas que vous puissiez me citer un seul verset qui ne me soit familier.

— Ce sont seulement quelques paroles, Madame H…

— Eh bien ! dites-les, répondit-elle.

Prenant de ses mains sa grande Bible, je l’ouvris et lus : « Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5:13). Je lus une seconde fois ces paroles, puis je lui dis : Croyez-vous au nom du Fils de Dieu ?

— Oui, répondit-elle avec sérieux.

— Vous reconnaissez réellement que vous êtes une pécheresse perdue et que le sang que le Fils de Dieu a versé peut seul ôter vos péchés ?

— Oui, je le sais.

— Vous avez abandonné toute pensée de vous sauver par vos propres œuvres ; vous confessez que vous êtes ruinée, coupable et perdue, et vous croyez simplement au nom du Fils de Dieu ?

— Oui, répondit-elle de nouveau avec un profond accent de sincérité.

— Eh bien, acceptant tout cela, avez-vous la vie éternelle ?

— Je l’espère.

— Comment pouvez-vous encore dire ainsi ? répliquai-je ; n’y a-t-il pas une méprise dans votre esprit et ne mettez-vous pas un mot pour un autre ? Vous affirmez que vous croyez au nom du Fils de Dieu, et Dieu dit : Je vous ai écrit afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, et vous, au lieu de savoir, vous dites que vous espérez seulement.

— Laissez-moi lire le verset moi-même, dit la vieille dame en ajustant ses lunettes. Elle lut et relut d’abord pour elle-même, puis à haute voix, en appuyant sur les mots : « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. »

L’Esprit de Dieu bénit ce saint message et remplit de paix son cœur qui le recevait. Élevant ses yeux, elle ajouta : N’est-ce pas étrange ? J’ai lu bien souvent l’épître de Jean que j’aime beaucoup, et jamais je n’avais remarqué ce verset. Certainement, je l’avais lu auparavant, mais il ne m’avait pas frappée comme maintenant. Je suis bien heureuse, Monsieur, que vous m’ayez parlé et montré ces paroles. Est-il possible que j’aie été jusqu’ici dans une telle obscurité ? Elles étaient là tout le temps, et si claires, et je ne les voyais pas !

— Rendez grâces à Dieu de ce que vous les voyez maintenant, lui dis-je. À présent, vous croyez simplement ce qu’elles affirment, n’est-ce pas ?

— Oui, c’en est fait avec « espérer » et « douter ; » je suis sûre maintenant, et Dieu soit béni de ce que vous avez appelé mon attention sur cette déclaration du Seigneur.

Je terminai notre conversation et notre courte et seule entrevue probable sur la terre par cette question : « Et maintenant, chère Madame H… si un ami vient à vous rencontrer ce soir et vous demande : Avez-vous la vie éternelle, » que répondrez-vous ?

Avec un regard où rayonnait la joie de l’assurance du salut, elle répliqua :

— Je lui dirai : Je sais que j’ai la vie éternelle, parce que je crois en Jésus et que Dieu a dit : « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. »

Nous nous quittâmes pour ne plus nous revoir ici-bas, car, bientôt après, j’appris que Madame H., avait été retirée auprès du Seigneur.

Mon cher lecteur, êtes-vous encore incertain relativement au salut de votre âme, et par conséquent n’avez-vous pas encore la paix avec Dieu ? Espérez-vous seulement, ou bien savez-vous que vous avez la vie éternelle, et en jouissez-vous ?

Soyez aussi simple que la personne dont je viens de vous parler, et comme elle, recevez le témoignage de Dieu. Si vous savez que vous êtes un pécheur ruiné et perdu, sans aucune espérance de salut en vous-même (et c’est là une des parties du témoignage de Dieu), regardez à Jésus seul ; en Lui se trouve la paix ; car celui qui croit en Lui a la vie éternelle.

Le Salut de Dieu, 1877, p. 55

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