Comme je passais un jour près d’un campement de bohémiens, je m’aventurai au milieu d’eux et leur achetai quelques petits objets en bois de leur fabrication. J’appris ainsi qu’un des leurs était malade et demandai la permission de le voir.

— Avez-vous l’intention de lui parler de religion ? demanda le père du malade.

— Non.

— De quoi donc ?

— De Christ.

— Oh ! en ce cas, vous pouvez aller ; seulement, si vous pariez de religion, je mets le chien à vos trousses.

Sous la tente, je trouvai un pauvre garçon alité, tout seul et évidemment arrivé au dernier période d’une consomption. Les yeux étaient fermés et ses traits offraient déjà l’image de la mort. Je me penchai à son oreille et murmurai doucement ces mots : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Je répétai lentement ces paroles cinq fois, sans que le moindre signe pût me faire croire que le malade les eût même entendues. À la sixième fois, il ouvrit les yeux et sourit, en murmurant, à ma grande joie : « Et je ne l’avais pas remercié ! Mais personne ne me l’avait jamais dit ! Avoir fait cela pour un pauvre garçon bohémien ! Combien je le remercie ! Je vois, je vois ! Je Le remercie de tout mon cœur ! »

Il ferma les yeux avec une expression d’intense satisfaction, et m’agenouillant près de lui, je rendis grâces à Dieu. Ses lèvres remuèrent de nouveau ; je saisis ces paroles : « C’est cela ! » Les autres furent perdues pour moi.

Lorsque je revins le jour suivant, j’appris que le cher enfant était mort (ou plutôt s’était endormi en Christ) onze heures après mon départ. Son père me dit qu’il avait été très paisible et avait eu une fin convenable. II n’y avait ni Bible ni Testament dans le campement, je laissai en partant un exemplaire de chacun à ces pauvres gens. Ils me souhaitèrent une bonne chance et me donnèrent un petit paquet de brochettes que « l’enfant » avait taillées.

Cher ami, encore inconverti, je m’adresse à vous. C’était probablement la première fois que ce cher enfant avait entendu parler du salut de Dieu ; avec une foi qui ne raisonnait pas, il crut Dieu sur parole, et, de sa bouche mourante, lui rendit grâce de ce qu’« Il a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » Dieu a été satisfait par l’œuvre parfaite que le Seigneur Jésus-Christ a accompli ; ce pauvre garçon crut simplement à cet amour de Dieu qui a donné son Fils, et le résultat fut un salut instantané et éternel. En quelques heures il avait échangé ce misérable campement de bohémiens contre le Paradis de Dieu où il fait l’expérience que Dieu est aussi vrai que sa parole. Si vous n’avez pas saisi dans votre cœur le moyen que Dieu a trouvé pour sauver des pécheurs perdus, vous êtes à l’extrême bord de cette mort que l’Écriture appelle « la seconde mort, l’étang de feu et de soufre. » Mais « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes. » Continuerez-vous donc à marcher tête baissée jusqu’« au grand trône blanc » et de là au feu qui ne s’éteint point ? » Ou bien voulez-vous vous arrêter, saisir la grâce qui vous est offerte, et, comme ce pauvre enfant, en remercier Dieu ?

Cher ami chrétien, Dieu nous garde que personne de ceux qui nous entourent puisse jamais dire, quant aux réalités éternelles, ces paroles accusatrices : « Personne ne me l’a jamais dit. »

Le Salut de Dieu, 1875, p. 79

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