Un jeune homme, du nom de B demeurant à Manchester, s’était fait remarquer pendant plusieurs années par sa vie profane et débauchée. Trois fois il avait été, à jugement humain, couché sur son lit de mort. Trois fois il avait déclaré solennellement qu’il se repentait, et fait vœu que, s’il plaisait à Dieu de lui rendre la santé, le reste de sa vie serait consacré à son Créateur et son Rédempteur. Trois fois le Dieu miséricordieux et patient entendit ses supplications et y répondit : mais, hélas ! ses craintes n’étaient pas plus tôt dissipées et le danger passé, qu’il retournait à ses péchés, « comme la truie lavée retourne se vautrer dans le bourbier » (2 Pierre 2:22) ; et comme l’esprit immonde dans la parabole (Luc 11:26) : « La dernière condition de cet homme-là est pire que la première. »

Une autre fois il dut encore garder le lit à cause d’une maladie dangereuse et prolongée ; la plus terrible angoisse s’empara de son esprit ; prières, lectures, conversations parurent ne lui procurer aucune espérance ni consolation. Un jour qu’il était dans l’agonie du désespoir, il demanda à M. --- , qui était assis auprès de son lit, d’engager les membres de la famille à se retirer chacun dans une chambre, afin de prier pour lui. Dans ce but ses amis le quittèrent immédiatement et il fut laissé seul. Tandis qu’ils étaient tous occupés à prier (et, comme on le sut plus tard, au même moment), ces terribles paroles se présentèrent à l’esprit de chacun : « Parce que j’ai crié, et que vous avez refusé d’ouïr ; parce que j’ai étendu ma main, et qu’il n’y a eu personne qui y prît garde ; et que vous avez rejeté tout mon conseil, et que vous n’avez point agréé que je vous reprisse ; aussi je me rirai de votre calamité ; je me moquerai quand votre effroi surviendra.  » (Prov. 1:24-26.) Instantanément, et comme ils l’exprimèrent, presque irrésistiblement, ils se relevèrent et coururent à la chambre du malheureux patient ; et, dès qu’ils ouvrirent la porte, les mêmes redoutables paroles : « Je me rirai de votre calamité ; je me moquerai quand votre effroi surviendra ; » s’échappèrent, à grands cris, de la bouche du moribond. En un instant tout devint tranquille : le silence de la mort succéda aux cris de l’agonie, et l’esprit s’était envolé à sa destinée éternelle. (Hébr. 10 : 29-31.)

Lecteurs ! Ces avertissements sont pour vous ! Prenez garde de suivre le même exemple d’incrédulité. Maintenant est le jour de la grâce pour vous ! Ne badinez pas avec vos convictions actuelles, de peur que vous ne repoussiez le Saint-Esprit de Dieu ; ayez pitié de vos propres âmes ; « cherchez l’Éternel pendant qu’il se trouve, invoquez-le tandis qu’il est près  » (Ésaïe 55:6, 7) ; ainsi vous obtiendrez miséricorde, et vous trouverez grâce pour être aidés dans le besoin (Hébr. 4:14-16.)

Ainsi dit l’Éternel : « L’homme qui, étant repris, roidit son cou, sera subitement brisé, sans qu’il y ait de guérison. » (Prov. 29:1.) « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. » (2 Cor. 6:2.)

Le Salut de Dieu, 1873-4, p. 29

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