« En vérité, je vous dis : Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. » (Matthieu 18:3.)

Un jour que je prêchais dans une ville du midi de l’Irlande, je fus frappé de l’attention avec laquelle une petite fille d’environ dix ans écoutait mes paroles. Quand la prédication fut terminée, je m’avançai vers elle, désirant savoir si elle avait la paix avec Dieu dans l’assurance que ses péchés étaient pardonnés, et je lui demandai :

— Connais-tu le Seigneur Jésus ?

Elle me regarda avec un sourire heureux et répondit : — Oui, du moins je sais que Jésus est mort pour moi.

— Il est bien doux de savoir cela, — répliquai-je ; — mais comment peux-tu être tout à fait sûre que le Fils de Dieu est venu dans le monde et qu’il est mort à la croix pour une petite fille comme toi ?

— Dieu dit que Jésus est mort pour les pécheurs et je suis une grande pécheresse, — dit gravement l’enfant.

— Oui, chère petite, il est écrit dans la Parole, que « Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8) ; et encore : « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs dont moi je suis le premier. » (1 Timothée 1:15.) Il t’a montré quelle grande pécheresse tu es, et maintenant tu vois que tu dois croire ce que Dieu a dit. Tous tes péchés sont-ils donc pardonnés ?

Pendant un moment elle garda le silence, et ses yeux se remplirent de larmes. À la fin elle dit : — Je crains que non.

— Comment ! tu sais que Jésus est mort pour toi, et malgré tout cela tu ne sais pas que Dieu t’a pardonné tes péchés ?

Elle me regarda avec une expression d’angoisse profonde et comme cherchant à comprendre ce que je voulais dire. Comme bien d’autres, elle avait vraiment cru dans le Seigneur Jésus-Christ, mais elle ne connaissait pas l’étendue de son œuvre pour elle. Elle avait été attirée vers Jésus : comme la femme dont parle le chapitre 7 de Luc, son cœur était ouvert à son amour, mais elle avait encore besoin d’entendre Jésus lui dire : « Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix. » (Luc 7:48, 50.)

Je lui demandai donc : Pourquoi le Seigneur Jésus est-il mort pour toi ?

— Afin de me sauver, répondit aussitôt la petite fille.

— Mais pourquoi a-t-il fallu qu’il meure pour te sauver ?

Elle réfléchit un instant, puis elle dit gravement :

— Afin de porter mes péchés sur la croix.

— Où étaient donc tes péchés quand Jésus était attaché à la croix ?

— Sur Lui.

— Sans doute, car « l’Éternel a fait venir sur lui l’iniquité de nous tous. » (Ésaïe 53:6.) Et où sont maintenant tes péchés ?

L’enfant fut sur le point de dire : Ils sont encore sur Jésus, — mais elle s’arrêta et garda le silence.

— Où est Christ maintenant ? lui demandai-je.

Elle répondit immédiatement : II est ressuscité et monté au ciel.

— Et tes péchés, où sont-ils par conséquent ?

— Ils sont restés dans le sépulcre, fut la joyeuse réponse de la chère petite. La difficulté n’existait plus. Elle voyait que celui qui avait été livré pour ses fautes, avait été ressuscité pour sa justification, et qu’ayant été justifiée par la foi, elle avait la paix avec Dieu. (Romains 4:25 ; 5:1.)

— Oui, ajoutai-je, et Dieu dit : « Ayant fait par lui-même la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté dans les hauts lieux. » (Hébreux I, 3.)

Je lui dis encore quelques mots, puis on vint l’appeler. Arrivée chez elle, elle courut à sa mère, et entourant son cou de ses bras, l’enfant lui dit : « Moi aussi, maman, j’irai auprès de Jésus ».

La mère tressaillit ; c’était une femme chrétienne, alors souffrante, et elle demanda à la petite fille ce qu’elle voulait dire.

— Mes péchés sont tous effacés, lui répondit-elle, Jésus qui les a portés sur la croix, est maintenant assis à la droite de Dieu, et tu vois, maman, mes péchés ne pourraient pas être là sur Lui. Il les a tous laissés derrière Lui dans le sépulcre.

La mère et l’enfant, plus étroitement unies que jamais, se réjouirent ensemble et louèrent le Seigneur. Bien des années se sont écoulées depuis, et le Christ ressuscité et assis à la droite de Dieu, a été pour l’enfant le fondement d’une paix que jamais rien n’a pu ébranler.

Combien d’âmes angoissées ont besoin de savoir — ce que cette petite fille apprit avec tant de simplicité et de bonheur, — que la connaissance du pardon est produite en regardant à Christ, et non par les sentiments passagers de nos pauvres cœurs. Du moment que, dans la simplicité de la foi, le regard demeure fixé sur Jésus, on comprend que tout a été réglé devant Dieu quant au péché, par l’œuvre de Christ sur la croix ; et la preuve en est que Dieu a élevé Christ à sa droite. Si Dieu est satisfait, nous pouvons l’être assurément, car tous nos péchés n’ont-ils pas été commis contre Lui ?

Comme Jésus, quand il était sur la terre, a dit : « Tes péchés sont pardonnés » (Luc 7:48), — le Saint-Esprit apporte maintenant la même précieuse assurance à la foi qui croit Dieu, disant : « Sachez donc, hommes frères, que par lui vous est annoncée la rémission des péchés, et que de tout ce dont vous n’avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui. » (Actes 13:38, 39.)

Lecteur, tes péchés sont-ils pardonnés ?

J.-A. T.

Le Salut de Dieu, 1875, p. 7

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