II y a quelques années, un jeune homme courait à la gare de W… pour atteindre le dernier train partant pour L… où il désirait parvenir le soir même. Au moment où il arrivait à la station, il entend le signal du départ ; il descend l’escalier en toute hâte, s’élance vers la salle d’attente, mais n’arrive que pour entendre l’employé lui dire : « C’est trop tard, Monsieur. » Les lumières s’éteignent, le dernier train était parti. Le jeune homme restait immobile de désappointement, ne sachant que faire, lorsque cette pensée s’imposa à son esprit avec une puissance invincible : « Que sera-ce de moi quand Christ viendra, si, comme maintenant, c’est trop tard pour moi, si ma dernière espérance s’est évanouie et si je reste dans l’obscurité pour toujours ? » Cette pensée le fit frissonner, il ne pouvait s’en débarrasser. « Mais, » suggéra Satan, « que sais-tu si l’œuvre de Christ est d’aucune utilité maintenant ? » Rentré chez lui, le cœur désespéré, il ouvrit sa Bible et son regard tomba sur ce passage : « Je ne te prie pas seulement pour eux, mais aussi pour tous ceux qui croiront en moi par leur parole » (Jean 17:20). Ces paroles de Jésus lui en dirent assez : la lumière entra dans son âme, il ferma le livre et s’agenouilla pour rendre grâces au Seigneur de ce qu’il l’avait sauvé, et depuis ce moment il n’a jamais eu aucun doute quant à son entière acceptation devant Dieu.

Le Salut de Dieu, 1876, p. 99

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